Bonjour, Libéral convaincu, j'ai voté MR aux trois dernières élections, communales, fédérales et européennes. Je vous écris non pour critiquer, mais pour essayer de comprendre la position effective du parti sur un sujet qui me semble en tension avec son discours général, et qui mériterait à mon sens d'être pris davantage à cœur. Le MR parle régulièrement et à juste titre selon moi de la nécessité de réduire les dépenses contraintes des ménages et de défendre leur pouvoir d'achat. Or dans une famille moyenne, les abonnements télécoms cumulés (internet, mobile pour deux ou trois personnes, télévision) atteignent facilement 100 à 150€ par mois pour une qualité de service que peu jugeraient excellente (et encore, si vous n'êtes pas exigeant, ce qui n'est pas mon cas). C'est un poste de dépense qui pèse aujourd'hui autant que l'énergie dans le budget des ménages. Et c'est surtout celui où l'écart avec nos voisins immédiats, la France notamment, est le plus marqué. Ce qui m'interpelle, c'est la distance entre l'ambition affichée sur le pouvoir d'achat et la timidité des actions menées sur les oligopoles télécoms. Il y a quelques faits documentés que j'ai du mal à concilier : - Au printemps 2025, Xavier Niel a approché l'État belge pour entrer au capital de Proximus avec un projet susceptible de relancer la concurrence (mêmes effets attendus que la révolution Free en France à partir de 2012). Le gouvernement, dans lequel le MR siège, a refusé. Niel l'a confirmé publiquement sur X en octobre 2025; je cite son compte X : « Moi je suis chaud, c'est votre gouvernement qui veut pas. » Il s'est retiré de Proximus en mai 2026. - La cour d'appel d'Anvers a jugé en avril 2025 qu'Orange ne pouvait plus utiliser le terme « fibre » pour décrire ses connexions hybrides sans précision claire. Cette jurisprudence aurait pu servir de base à un cadre transparent pour tout le secteur, comme l'ARCEP française le fait depuis 2022. Aucune initiative législative belge ne semble avoir suivi. - L'État belge détient 53,5 % de Proximus. Cette participation crée mécaniquement un alignement entre l'intérêt budgétaire fédéral et le maintien de prix élevés au consommateur, un cas d'école où un parti libéral aurait des arguments solides pour proposer la cession, sans que cette position semble portée publiquement. Et tout ça sans parler de la position très fermée à la concurrence. Le marché des télécoms se rapproche plus d'un oligopole que d'une libre concurrence. J'aimerais sincèrement comprendre la stratégie du parti sur ce dossier. Est-il jugé prioritaire dans l'accord de coalition actuel, ou repoussé pour des raisons d'équilibre politique que je peux concevoir ? Y a-t-il des leviers déjà engagés, au niveau fédéral, régional ou européen, dont la trace n'est pas visible depuis l'extérieur ? La position du MR sur la participation publique dans Proximus est-elle débattue en interne ? Je continuerai probablement à voter MR si le projet libéral global me convainc. Mais ce sujet pèsera dans mon évaluation, parce qu'il touche directement le pouvoir d'achat que le parti porte en valeur centrale, et plus particulièrement le mien : ma profession et mes centres d'intérêt sont étroitement liés au numérique, et je ne suis évidemment pas un cas isolé. Dans un pays qui affiche l'ambition de ne pas manquer le coche de l'intelligence artificielle et de la transition numérique, la qualité et le coût des infrastructures télécom devraient être un sujet politique de premier plan. Vu de l'extérieur, l'écart entre le discours et les actes est aujourd'hui difficile à expliquer et c'est précisément pour cela que j'aimerais l'entendre expliqué. Une réponse argumentée, même imparfaite ou nuancée, me serait précieuse. C'est en échangeant que les électeurs convaincus le restent. Bien à vous, Un électeur wallon du MR.